Norjane est un monde à classer à part dans le catalogue des 500 000 planètes recensées dans chacun des 2533 univers connus. C'est sur Norjane qu'est née la Guilde des Mégas, vers ~17 000 selon notre calendrier chrétien. A cette époque, le premier Méga découvrit l'art de voyager dans les univers parallèles, et ses successeurs commencèrent à explorer les univers proches, offrant ainsi à leur civilisation une ouverture d'esprit sans équivalent. Il en découla une rapide évolution technique. Les habitants de notre Norjane furent inventifs, et leur avance technologique est l'une des plus rapide.
Les Norjans trouvèrent rapidement le premier portail de saut. Ils partirent donc vers les étoiles à la découverte de leur univers, vers l'an ~16 500 de notre ère : ce fut la première expansion. Des civilisations humaines (Talsanits) et non-humaines (Ganymédiens) furent contactées, et la première AG vit le jour vers ~15 800. La Terre fut visitée, mais laissée à son sort. Après deux millénaires de relative stabilité, les guerres, le désintérêt, les dissensions sur fond de crise économique et d'incommunicabilité s'amplifièrent.
En ~13 400 eut lieu l'effondrement. La volonté hégémonique d'une famille régnant sur des centaines de mondes (les Warnaheng-Periss), s'opposa aux autres familles en une guerre qui perdit vite tout but de profit pour devenir la lutte à mort de deux clans assoiffés de combat. La guerre de la mort blanche et bleue fit capoter ce qui fut certainement la plus belle civilisation technologique qui ait jamais existé.
A cette époque, la Guilde ne comptait que des Mégas venus de Norjane, quelques centaines à peine, et ne put s'opposer à cette guerre autodestructrice. Durant les 3000 ans que dura l'effondrement, Norjane ne perdit ni les secrets de sa technologie, ni son unité planétaire. Mais toutes ses colonies régressèrent.
Vers ~10 500, de nouvelles races, toujours plus ou moins humanoïdes rencontrées sur les franges de l'ancienne AG redonnèrent un peu d'élan à l'esprit fédérateur. D'anciennes provinces de la première assemblée, constituées de quelques dizaines de systèmes, reprirent les échanges, et ces provinces s'associèrent en une seconde assemblée, nommée la confédération des milles planètes. Elle fonctionna bien durant seize ou dix-sept siècles, puis se disloqua de nouveau par un étrange phénomène d'usure et de démotivation. Vers ~8 800, les provinces se replièrent sur elles-mêmes, se désintéressant des voyages spatiaux, de la nouveauté, et de tout esprit d'aventure. Des planètes entières régressèrent, tant sur le plan culturel et technologique que démographique.
Les locaux de l'Assemblée Galactique furent désertés et oubliés. Seuls quelques grands centres, quasi déserts, abritaient encore une activité fantomatique, conservant un faible lien entre les provinces devenues des îles lointaines...
Durant cette période, appelée Hiver des étoiles, à la suite de circonstances dramatiques, les Mégas furent réduits à une poignée d'agents, dont l'activité se borna à protéger l'héritage de la Guilde et à ne gérer que les plus graves des problèmes de l'intercontinuum. Les Norjans vécurent une vie confortable, calme et fade, tandis que les Terriens découvraient la civilisation.
Vers ~5 000, la rencontre de vaisseaux talsanits (humanoïdes) avec des éclaireurs Berkagh (insectoïdes) déclencha une paranoïa qui ressouda très vite l'ancienne alliance. Malgré des heurts durant plusieurs siècles, la rencontre des deux civilisations galactiques ne dégénéra pas en guerre bipolaire, mais en une troisième assemblée, nommée aussi Grande Fédération. Cette fois, Norjane joua en tant que planète un rôle discret de simple adhérent à l'AG, indépendamment de la Guilde des Mégas qui fit la moribonde, tout en réparant et en agrandissant sa toile de points de transit à travers l'Univers, et surtout en cherchant pour la première fois de son histoire des Mégas latents hors de Norjane.
Les voyages interstellaires reprirent, les contacts se renouèrent et l'histoire recommença, faite de commerce, de guerres et d'explorations souvent fantastiques, parfois dramatiques, toujours passionnantes. Toutefois, en considération du sort des planètes qui s'étaient littéralement laissées mourir d'ennui au cours de la seconde AG, la Terre, comme d'autres planètes en développement constant, fut laissée à l'écart de cette période extraordinaire, sa dynamique interne ne devant pas être bouleversée par le contact avec une AG à la fois active et fataliste, et surtout vieille de 15 000 ans d'expérience. Il est toujours interdit de s'y poser aujourd'hui. Seuls de hauts observateurs de l'AG (et les Mégas) peuvent s'y rendre, dûment pourvus d'une autorisation de l'Assemblée Galactique, à fin d'études (et de recrutement).